sephyka | Video game & Animation design » Vis ma vie de freelance (bêta).

VMV-DE-FREELANCE.TUMBLR.COM

En cette période où trouver un emploi stable est de plus en plus corsé, le freelancing peut être une alternative idéale, qu’il soit temporaire, ponctuel ou à plein-temps.

Ce dossier a pour but de partager avec vous mon expérience singulière et subjective du freelancing dans le domaine du jeu vidéo (et par extension du graphisme, de l’animation, etc.).

[ NOTE : le dossier est en cours d’écriture, il sera progressivement illustré de petites BD pour aérer les textes. Vous avez des suggestions/remarques/expériences pour améliorer le dossier ? Partagez-les sur ma page facebook dans le post dédié. Merci.]

Introduction.

L’activité du freelance est enrichissante et stimulante : c’est une dynamique d’entrepreneur.
Pourquoi le freelance est-il un entrepreneur ? Parce qu’il gère, seul, des aspects transversaux : la création de ses prestations, la définition de sa stratégie, la prospection de clients, l’administratif (paperasse, devis, factures, impôts), la communication (sur Internet et avec ses clients), le choix et l’achat de son matériel, etc. Les décisions reposent sur ses épaules. Beaucoup font le choix de l’indépendance pour s’affranchir du joug du “patron”, méfiance car une fois indépendant le freelance passe sous le joug de ses clients. Cette indépendance a un coût. Par défaut, le freelance ne bénéficie d’aucuns attraits du confortable salarié : pas de sécurité de l’emploi, de chômage, de congés payés, de 35h, de cotisations retraite, de mutuelle, de commodités financières (tickets restaurants, chèques-vacances, titres de transport remboursés pour moitié, avantages du comité d’entreprise, etc.) ; il décompte ses cotisations et/ou sa TVA (en fonction de son statut). La liste est longue. Cela explique pourquoi le coût d’un freelance ne peut être comparé au coût journalier (net) d’un salarié.

Des situations hybrides existent, la mienne par exemple : je suis freelance ponctuel à côté d’un travail à 3/4 temps dans un studio de jeu vidéo (je cotise donc pour le chômage, la sécurité sociale, la mutuelle, etc), avec une cinquantaine de missions à mon actif en 8 années d’activité. De même, certains intermittents de l’industrie de l’animation sont freelances afin d’accepter les missions des studios qui ne fonctionnent pas avec le système d’intermittence. Cet article n’a donc pas pour vocation de traiter du freelancing à plein temps, plus engageant administrativement ; d’autres professionnels le font mieux que moi. Je vous recommande de suivre Julien Moya (twitter), auteur de l’ouvrage de référence “Profession Graphiste Indépendant“. Suivez aussi ce lien en or pour (enfin) mieux comprendre le statut de freelance.

Quoiqu’il en soit, vous pouvez mener votre activité comme bon vous semble, avec votre caractère, votre intégrité, votre singularité, vos forces et vos faiblesses.
Vous pouvez la mener en toute simplicité dans le but de “dessiner” toute la journée ou, à contrario, profiter du freelancing pour à la fois jauger et développer la viabilité de votre business. Si vous êtes débordés de commandes et/ou dégagez un chiffre d’affaire conséquent par votre seule activité indépendante alors peut-être est-il temps de franchir l’étape supérieure en créant votre propre boîte ? C’est arrivé par exemple à Orès qui a fondé son agence créative Orès group.

Les démarches administratives pour devenir freelance sont minimes : il suffit de vous enregistrer auprès de votre Centre de Formalités des Entreprises (CFE) en retournant le fameux formulaire P0. Déplacez-vous sur place pour être orienté et, surtout, cochez les les bonnes cases (optez par défaut pour le régime micro-BNC). Maintenant que vous avez le statut… le plus dur ne fait que commencer !

Portfolio tout beau.

Qu’on se le dise, ce n’est pas parce que vous avez rempli le formulaire p0 que les clients vont affluer.
De même, ce ne sont pas vos diplômes ou pseudo compétences technico-théoriques acquises en école qui serviront d’incantation. Seuls votre travail, vos réalisations visibles et vos références parviendront à séduire et convaincre le client. Ce travail est le fruit d’années d’études et de pratique, et mixe à la fois culture artistique et compétences techniques. Pour un graphiste / designer / illustrateur / concept artist / etc. , être freelance est une aventure qui débute donc par la conception et réalisation d’un portfolio.

 
— CONCEPTION:

Prenez un papier et un crayon et écrivez : définissez votre philosophie de travail, votre ligne éditoriale, vos champs d’investigation, votre stratégie de communication et de diffusion, etc.
Réfléchissez à l’histoire que vous voulez communiquer, trouvez les mots justes. Dans un second temps seulement, réfléchissez à l’aspect fonctionnel du site : hébergement, ergonomie, fonctionnalités, graphisme, rubriquage, etc. N’oubliez pas votre objectif principal qui est de véhiculer une expérience, un état d’esprit ou, à défaut, partager votre travail aux internautes et potentiels clients.

 
— CONTENU:

L’adage “moins mais mieux” doit être imprimé dans votre tête. Privilégiez moins d’images mais de meilleure qualité, que trop d’images moyennes. J’ai beau me le répéter j’ai encore beaucoup de difficulté à l’appliquer.

 
— RÉALISATION:

De nos jours, il est accessible de créer son propre site sur Internet. Voici quelques méthodes que je vous recommande (par ordre de difficulté dégressive):

• Pour les puristes du code, créez votre site de zéro. Cette méthode est chronophage mais enrichissante, surtout si vous travaillez dans le web. Mon site a par exemple été développé intégralement depuis la base native WordPress. Ce challenge m’a beaucoup appris en HTML/CSS/PHP/Wordpress.
• A défaut de temps et/ou de goût pour le code, créez votre site à partir de thèmes préexistants. WordPress est une très bonne plateforme de publication open-source (non non je n’ai pas d’actions WordPress). Vous pouvez télécharger en quelques clics le thème de votre choix (gratuit ou payant) parmi des milliers. CONSEILS : Je vous recommande de tester de fond en comble un thème avant de l’installer car nombre d’entre eux sont buggés, bancals et/ou trop gourmands en ressources. J’ajouterais l’importance d’avoir de nos jours un site Responsive, c’est-à-dire qui s’adapte à toutes les résolutions d’écran et aux supports mobiles.
• A défaut, créez un blog sur une plateforme telle que tumblr ou blogspot, idéales pour poster des salves d’images en toute simplicité. Tumblr est pratique pour diffuser du contenu (via les mots-clés, les fonctions -like- et -reblog-) là où blogspot est plus intéressant pour interagir avec le public (système de commentaires).
Créez un profil et une galerie sur un site spécialisé : DeviantArtArtStation, DrawCrowd, Behance, Dribbble sont autant de sites qui font office de portfolios.

Quelle que soit votre méthode, il faudra consacrer du temps à la customisation, l’organisation, la publication et la diffusion de vos contenus. C’est toujours intéressant de bidouiller un peu le code, même pour un simple blogpost ou tumblr. Enfin, votre site sera en perpétuelle évolution, vous le “mûrirez” sur les années, en ajoutant et optimisant ses fonctionnalités et contenus.

 
— RÉFÉRENCEMENT:

Sans rentrer dans le détail car le référencement est un domaine de compétence à part entière, a minima :
• Remplissez soigneusement les balises <META> de votre site,
• Pour un meilleur référencement de vos images dans les moteurs de recherche, adoptez une nomenclature rigoureuse et universelle. Exemple: pseudo_nom-du-projet_nom-de-l-image_description-de-l-image.jpg
• Toujours au sujet des images, estampillez-les d’une signature universelle avec adresse de votre site. Tout votre contenu doit pouvoir cheminer à vous. Ne laissez aucune image sans crédits dans la nature.

De l’importance du réseau.

Le talent ne fait (malheureusement) pas tout.
Il est primordial de faire connaitre votre travail et de prospecter (je déteste ce mot) afin de tisser un réseau.
Pour cela il n’y a guère de secrets : se construire un réseau digne de ce nom requiert beaucoup de patience, de temps… et un zeste de chance.
Vu que je n’aime pas la notion de ‘réseau’, je vais plutôt parler de ‘rencontres’. Voici quelques moyens de faire des rencontres :

La vie d’entreprise. Objectivement, le moyen le plus efficace de rencontrer des personnes dans une finalité professionnelle est évidemment l’entreprise. La vie d’entreprise apporte énormément d’expérience à tout niveau : gestion de la production, du temps, des contraintes, des clients, des rapports humains, etc. Par ailleurs, les collaborateurs d’un jour seront peut-être vos clients/partenaires de demain ou vos meilleurs ambassadeurs. Il faut être conscient qu’une partie de votre avenir professionnel reposera sur le fait, qu’à un moment ou à un autre, une ou plusieurs personnes vous auront fait confiance. Le freelance ex-salarié est donc mieux armé que le freelance fraîchement sorti d’études, car il embarque avec lui son carnet d’adresse, son expertise et sa connaissance non négligeable des rouages de l’entreprise et de la production. C’est pour cette raison qu’il est intéressant de changer d’entreprise tous les 4-5 ans ; afin d’enrichir son bagage et découvrir de nouvelles productions, personnes et philosophies de travail.

Participez activement sur des sites/forums spécialisés. J’ai énuméré précédemment les principaux acteurs en matière de publication d’images : DeviantArtArtStationDrawCrowdBehanceDribbble ; tous ces sites ont des fonctionnalités sociales qui vous permettent d’interagir avec les utilisateurs. Écumez aussi le net à la recherche de forums spécialisés dans votre domaine de prédilection : dessin, animation, 3D, peinture digitale, design graphique, animation ou que sais-je encore. Pour ma part, je dois énormément à la communauté créative cafésalé dont je remercie les initiateurs (Kness & Made). NOTE: Attention tout de même de ne pas dépendre d’une plateforme externe ; exemple probant avec la fermeture dernière de CGHub qui a engendré, du jour au lendemain, la disparition de milliers d’images et de profils (ça a du bien faire chier ceux qui ont perdu des centaines de followers précieusement accumulés au fil des années).

Participez activement à des événements et conventions dédiées : salons, festivals, expositions, vernissages, workshops, masterclasses, etc. L’Homme étant un être social, à vous de vous faire violence pour tisser des discussions et liens. Rien ne tombera du ciel par magie.

Créez un profil linkedin. Linkedin, plateforme sociale professionnelle de référence, est en effet très utilisée pour le recrutement dans l’industrie du jeu vidéo. Vous pouvez éditer un CV très détaillé, suivre vos entreprises fétiches, participer à des groupes de discussions et, surtout, ajouter facilement des acteurs de cette industrie. Pas toujours aisé d’avoir un profil intéressant en début de carrière quand on manque de références… dites-vous que c’est un travail sur la durée que de construire sa façade professionnelle et sa crédibilité.

Créez une page facebook et/ou twitter. Ces deux réseaux sociaux sont complémentaires.
Facebook est utile pour fédérer une communauté d’utilisateurs en usant et abusant des sempiternels ‘like’. Personnellement, je n’affectionne pas les pages facebook : interface surchargée, publicités intrusives, incitation à l’achat, compression d’images à chier et surtout algorithmes mystiques (vos publications ne toucheront qu’un pourcentage limité de votre communauté). Le seul GROS avantage de facebook est la déconcertante facilité d’interaction avec le public.
Twitter, quant à lui, est plus un flux permanent de partage de contenus et d’informations. Vous pouvez facilement suivre des gens très influents et intéressants du milieu, échanger succinctement avec eux. J’ai fais de belles rencontres via twitter. Le seul inconvénient est qu’une publication a une durée de vie assez courte (3 heures en moyenne). Le fait de n’avoir que 140 caractères pour vos publications vous oblige aussi d’allé à l’essentiel, un très bon exercice de synthèse.

Visitez d’autres studios. Soyez curieux. Utilisez les précédentes méthodes pour vous faire inviter. Voyez cela comme un jeu.

Vis ma vie de freelance - Démarchage.

TYPOLOGIE DE CLIENTS.

Dans vos pérégrinations “freelancistiques”, vous rencontrerez pelletées de clients et porteurs de projet. Vous en aurez pour tous les goûts, tous les caractères. Voici une série de scénettes illustrées sur les situations que vous rencontrerez (peut-être).

• Le client PARTICULIER :

Vmv - Le client particulier

Ce peut être l’ami, l’ami d’un ami, le voisin, la famille, un internaute lambda qui aime votre travail, mais aussi pourquoi pas un petit porteur de projet sans structure juridique. Quel qu’il soit, ce personnage a du mal à concevoir de payer plus de 100€ pour un service. Ces clients qui paient le moins sont paradoxalement parmi les plus exigeants. Parade : Fuyez, n’acceptez plus ces missions !

• Le client ESCAMOTEUR :

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Le client escamoteur déborde de bonne volonté et d’optimisme. Il aime votre travail, entre en contact avec vous, les échanges sont enjoués et dynamiques ; tout va comme sur des roulettes. Vous annoncez votre tarif puis… plus rien. Ces clients, dotés de budgets modestes, s’évaporent dès qu’ils se heurtent à la réalité des prix du marché. Parade : Cette situation est courante, n’y pensez plus.

• Le client UTOPIQUE :

Vis ma vie de freelance - 3 - Le client utopique.

Le client utopique possède un enthousiasme excessif à outrance. D’un tempérament conquérant et commercial, il descend du ciel vous vendre la lune et s’attend à ce que vous l’aidiez à construire la fusée en retour (gratuitement qui plus est). Parade : Ne répondez pas aux mails non personnalisés et/ou sans proposition de rémunération.

• Le client INDÉCIS :

Le client indécis n’est pas bien méchant, mais il vous fait perdre un précieux temps. Décelez vite le syndrome de l’indécision (surtout si vous êtes payés au forfait) sans quoi vous courez le risque que la mission s’éternise. Parade : Demandez-lui de poser à l’écrit un brief et des intentions claires et concises, avec références visuelles à l’appui.

• Le client INFLUENÇABLE :

Variante du précédent, le client influençable va réagir (favorablement ou non) aux différents stimulis de son environnement. Parade : Soyez influent vous aussi : argumentez pour le mettre de votre côté.

• Le client INDÉCENT :

Un client parmi les pires ; .
Parade :

• Le client CERBÈRE :

Le client “Cerbère” a plusieurs têtes pensantes qu’il est difficile de satisfaire, particulièrement si les consignes et validations sont sans cesse changeantes. Dites-le vous bien : ce n’est pas à vous d’assumer le flou de la mission et/ou l’indécision des différents partis. Parade : Exigez de n’avoir qu’un seul interlocuteur unique pour la mission.

• Le client LOGOTYPÉ :

Grand mystère non élucidé propre au freelance : les demandes en rafale de logotypes, et ce, même si cela ne relève en rien de votre spécialité… comme si tout graphiste lambda avait “LOGO” tatoué sur le front. J’estime qu’il y a des profils de graphistes aiguisés spécialement pour le travail du logo. Qui plus est, le temps nécessaire à la conception d’un logo est systématiquement mésestimé, c’est un processus long et laborieux : recherches / validations / développement / polish / retakes / export. Parade : Si vous acceptez ce type de missions, négociez des tarifs décents et élevés, a minima le millier d’euros.

• Le client REDONDANT :

Le client redondant ne ficelle pas ses projets de manière optimale et refait sans cesse les mêmes choses. Rien de très grave tant qu’il paie, au delà du fait que cela peut devenir agaçant pour vous. Parade : Organisez et optimisez méthodiquement vos fichiers de travail, afin de replonger plus facilement dans le projet et gagner en efficacité… vous vous épargnerez une partie de labeur. Dans le pire des cas, envoyez bouler le client.

• [De nouveaux types clients seront ajoutés régulièrement]

• Les petites et moyennes entreprises (PME). Elles constituent l’essentielle de votre activité. Les PME aiment fonctionner avec des freelances, qui sont une variable d’ajustement bien pratique : moins engageante et plus flexible qu’une embauche. Pas de règles quant aux budgets, ils sont parfois modeste ou confortables. Faites des recherches sur Internet et dans votre réseau pour jauger leur crédibilité et solvabilité. [Plus de détails prochainement]

• Les grandes entreprises [SOON].

• Les agences [SOON].

• Les associations [SOON].
Quel que ce soit le type de client, accordez de la crédibilité à vos interlocuteurs non pas sur leurs mots mais sur la matière existante de leur potentiel projet : documents, budgets, bibles, scénario, game-design doc, prototype, business plan, etc.

Comme toute aventure digne de ce nom, vos relations clients seront toujours variées et différentes, avec la plupart du temps des dénouements heureux (je vous le souhaite) et parfois d’autres plus laborieux ou douloureux… dans ce cas, voyez cela comme le prix à payer pour acquérir de l’expérience et aiguiser votre métier et votre instinct.

RÉMUNÉRATIONS.

Au fil des années j’ai tout entendu : il y en a qui seraient payés 600€/jour (voir plus) pendant que d’autres miséreraient des cachets de 100€ pour des missions de plusieurs jours. J’imagine que ce sont là deux réalités qui se côtoient.
 
• RÉMUNÉRATION AU TEMPS:
 
L’idéal absolu est de se faire rémunérer au temps de travail effectué, c’est-à-dire en jours.
Je considère l’équation suivante : 1 jour = 8 heures de travail.

Evaluez votre tarif journalier objectivement sans ni vous dévaloriser, ni vous surévaluer. Augmentez/ajustez progressivement ce tarif en fonction de la conjoncture et de votre expérience. 
Le tarif minimal d’un freelance junior devrait être de 250-300€/jour, un senior peut prétendre à 450+€/jour.

Ce tarif journalier représente votre objectif/référence dans la négociation.

CONSEILS:
– Ne descendez jamais en dessous de 200€/jour, sauf cas extrême.
– Ne descendez jamais en dessous de la demi-journée de prestation. Selon moi, ça n’existe pas les missions d’une heure ou deux car la logistique adjacente (échange de mails, définition de la mission, devis, facturation) représente un temps investi qui ne peut descendre en dessous de la demi-journée. Seul le devis doit être gratuit.
– Dans le cadre d’une mission longue, je vous recommande d’appliquer un tarif journalier dégressif. C’est une approche finalement logique car vous récompensez la confiance d’un client qui vous offre du travail sur la durée.
Un client bute sur votre tarif journalier ? C’est compréhensible : 300 ou 400€/j peuvent rebuter. Contournez ce blocage mental : divisez votre tarif par 2 (rien que ça!) et, pour compenser, multipliez l’estimation de la durée de mission par 2. EXEMPLE: Transformez 400€/j pour 2 jours en 200€/j pour 4 jours (sachant que vous ne travaillerez effectivement que 2 jours).

Je vous invite à suivre le lien suivant pour en apprendre plus sur (Qu’est-ce qui fait le tarif d’un freelance ?)
 

• RÉMUNÉRATION AU FORFAIT:
 
Comme tout idéal qui se respecte, la rémunération au jour n’est pas la norme. Le forfait à la mission est encore largement répandu car il offre au client une visibilité rassurante du coût final de la mission. La rentabilité de la mission repose alors sur votre juste estimation du rapport prix fixé / temps de travail effectif de la mission. Autant je ne trouve pas cela trop gênant pour les missions de court-terme (quantifiables en quelques jours), autant cela devient plus risqué sur un gros projet que vous jaugeriez mal. Prenez l’habitude de calculer ce ratio, ne serait-ce que pour votre propre retour d’expérience.

A ce niveau pas de secrets, seule l’expérience aiguisera votre capacité à jauger votre temps de réalisation.
Attention, on a toujours tendance à sous-estimer le temps de travail d’une mission.

CONSEILS:
– Dans le cadre d’une mission longue, je vous recommande de segmenter la mission en petits objectifs successifs. Vous serez ainsi rémunérés par salves ponctuelles et non pas à la lointaine toute fin de mission.
– Le gros piège des missions au forfait est de se retrouver prisonnier de salves de retouches et corrections sans fin. Je vous recommande de déterminer précisément, dès le devis, dans quelles mesures les corrections et retouches seront effectuées. Précisez par exemple que les retakes sont offertes dans la limite d’une demi-journée ou de deux “allers-retours” et, qu’au delà, elles feront l’objet d’une nouvelle facturation. Notifiez cela noir sur blanc dans le contrat.

Pour ma part, dans le cadre des missions “forfait”, j’adopte une méthode hybride qui consiste à convertir le forfait en nombre de jours de travail estimé. Cela détermine un tarif journalier variable, le but étant d’habituer le client à la notion de tarif journalier. Si je travaille plus de jours qu’escompté, je le notifie dans la facture finale pour que ce temps de travail soit au moins considéré au niveau symbolique (puisque le forfait ne change pas).
 
• CONSEILS COMPLÉMENTAIRES:
– Le premier contact avec un client est toujours délicat : il peut buter sur vos tarifs. Pour un potentiel premier contrat, mettez toutes les chances de votre côté et appliquez une réduction exceptionnelle de votre tarif (-20%, -25% ou -33%). Sur la facture, indiquez le tarif normal de la mission auquel vous appliquez la réduction consentie. Vous pouvez aussi par exemple offrir un jour de travail ou une demi-journée de correction gratuits. Testez ce que vous voulez en fait.
Cela peut être intéressant pour que le client puisse jauger de la qualité de votre prestation pour un peu moins cher. Si l’expérience est concluante, il reviendra vers vous : soit celui-ci vous embobinera à nouveau pour tirer les tarifs vers le bas, soit vous serez mieux armé pour prétendre, ce coup-ci, une rémunération à votre juste dû.
– Dans le cadre d’une mission longue (qui excède la semaine par exemple), je vous recommande de négocier un acompte de 10% avant de commencer à travailler. Pour ma part, mon devis (qui fait aussi office de bon de commande) le mentionne par défaut. Libre à moi alors, une fois signé, de faire remarquer au client l’accompte. Si le client est réglo, cela ne devrait pas lui poser de problème particulier et vous serez rassuré quant à sa potentielle solvabilité.
– Dans le cadre d’une mission urgente à délai très serré, vous êtes en position de force pour tirer sur la corde et négocier un tarif plus élevé qu’à l’accoutumée. Je ne l’ai, pour ma part, jamais pratiqué mais c’est tout-à-fait possible.

NOTES:
– Les tarifs pratiqués sur Paris sont plus élevés,
– Dans l’industrie du JV/cinéma, on m’a déjà chuchoté (merci Véronique Meignaud) que les tarifs à l’heure seraient en moyenne de 50/60$ pour les débutants, 70/90$ pour les seniors et 100/125$ pour les gros killers,
– Attention à la conversion euro/dollar assez peu favorable, le taux de change nous rend encore plus cher avec beaucoup de clients étrangers.
 
RÉMUNÉRATION EN POURCENTAGE DES (HYPOTHÉTIQUES) BÉNÉFICES:

Les porteur de projets nous proposent parfois des formules moins conventionnelles comme le “retour-sur-investissement-un-jour-en-cas-d’hypothétiques-bénéfices”.

Je ne suis pas calé sur le sujet car je ne travaille JAMAIS dans l’espoir d’un retour sur investissement purement hypothétique dans X temps qui se chiffrerait en mois ou années, surtout aux vues de la période actuelle où nombre de projets ne trouvent pas leur modèle économique ni même leur rentabilité (seuls 5% des projets de jeux vidéos seraient rentables).

Selon moi, un porteur de projet porte très bien son intitulé : il porte et assume le risque de son projet, tout comme il en recueillera les majeurs bénéfices (dans l’hypothèse où il termine son projet et dans la mesure où celui-ci trouve son public et sa rentabilité). Les seuls projets de ce type auxquels je consacre de l’énergie sont les miens. Libre à vous de tenter l’aventure avec quelqu’un… mais selon moi les intéressements sur bénéfices impliquent autre chose qu’un travail de freelancing, on est plus proche du partenariat. Ou alors, c’est une rémunération BONUS complémentaire bienvenue, qui s’ajouterai à une rémunération décente de base.

Si vous avez déjà eu de bonnes ou mauvaises expériences avec cette formule, partagez-les moi à sephyka[at]gmail.com que je puisse enrichir ce paragraphe.
 
RÉMUNÉRATION ATYPIQUE: [SOON]
 

RÉMUNÉRATION  A LA VICTOIRE (LOL):

Autre concept intéressant (mais pas pour nous), la rémunération d’un appel d’offre… en cas de victoire. On en entend beaucoup parler actuellement avec les plateforme participatives émergentes. Le concept est simple : vous participez à un appel d’offre, vous êtes un gladiateur et vous espérez l’emporter face aux hordes de jeunes débutants/étudiants et professionnels fous qui y participent. Je n’ai pas d’avis tranché là dessus : je ne cautionne pas le système mais si des personnes ont envie de perdre leur temps à perdre des concours, ça les regarde.

A chacun sa philosophie sur le sujet. Personnellement, je n’envisage les appels d’offre que dans la seule mesure où ils sont rémunérés.
Dans le cas contraire, autant consacrer temps et énergie à autre chose de plus constructif.

DROITS D’EXPLOITATION: [SOON]

DROITS D’AUTEUR: [SOON]

Environnements de travail.

Le sujet de l’environnement de travail est incontournable. Chaque individu cherche tout au long de sa vie l’équilibre entre travail et loisir.
Etant freelance à côté de mon emploi, je travaille ponctuellement les soirs et week-end, ce qui ampute mon temps libre. J’ai récemment pris une année sabbatique pour éprouver de nouvelles manières de travailler. Avec le recul, je trouve que le plus gros avantage de ce métier est justement de pouvoir travailler facilement de presque n’importe où, dans la mesure où vous êtes à proximité d’une connexion Internet.
Rien ne vous empêche de trimbaler avec vous un ordinateur portable petit et performant et votre tablette graphique.

• Chez soi à la maison. Si vous êtes plutôt de nature casanière, taciturne ou que sais-je… alors vous aimerez probablement travailler de chez vous. L’idéal dans ce cas de figure est d’avoir une pièce à part dédiée au travail et de s’imposer des horaires strictes, sans quoi il y a de fort risque de ne plus faire la part les choses. A noter que travailler de chez soi alourdit la facture énergétique.

• En atelier. Il est très agréable de travailler en atelier avec d’autres freelances, qu’ils soient de votre domaine ou non. A chaque atelier sa philosophie, son atmosphère, son rythme, etc. L’atelier est intéressant pour plusieurs raisons : s’extirper de chez soi, découvrir une nouvelle ambiance de travail, profiter de l’émulation générée par les autres, s’imposer une rigueur d’horaires et bénéficier de potentielles de collaboration sur certaines tâches ou missions.

• En espace de co-working. Dans les principaux centres urbains, les espaces de co-working sont à la mode. Difficile de généraliser car tous ont leur coût et règlement propre. Il en existe même des gratuits. Par exemple, je suis régulièrement allé à l’Imaginarium de Roubaix où il me suffisait de m’asseoir à une table avec mon PC et ma tablette, tout en bénéficiant du wifi gratuit et des commodités du lieu.

• Dans les bars. Cela ne plaira pas à tout le monde, mais je trouve très agréable, de temps en temps, de s’extraire de chez soi pour travailler dans un bar disposant du wi-fi. L’expérience est différente, avec le mouvement et le brouhaha ambiant, la possibilité de commander un café voir même manger sur place si le lieu effectue une restauration. Attention tout de même car on peut vite s’en tirer pour une quinzaine d’euros à la journée en cas de consommation excessive.

• Déplacement en studio. Un cas de figure moins courant mais très appréciable est de se déplacer chez le client. Tout dépend évidemment de sa situation et localisation. Si votre client est une entreprise créative pas loin de chez vous, alors il y a de grande chance que cela soit possible. Selon moi, ce mode fonctionnement est idéal pour découvrir de nouvelles philosophies d’entreprises et partager quelques aventures humaines.

RESSOURCES.